Catégories
Perso

Hommage à maman

J’aimerais me présenter, en disant que : le bonheur n’existe pas.
Le fait que d’être en vie ne procure pas de bonheur particulier dans le présent, le bonheur est toujours, soit au passé, soit au futur.
Ne pouvant saisir le bonheur au présent, Nous devons essayer de minimiser ou éviter la souffrance et le malheur.

En voyant quelqu’un mourir, l’évidence est que : la perte est malheureuse, omniprésente, la lutte est perdue d’avance, le bonheur était hier, il n’est plus, et ne sera plus jamais.
Quand tout est, disons, « normal », dans notre joie quotidienne, le bonheur était là, mais nous n’avons pas su le saisir.
Cette perte est d’autant plus triste qu’il n’y aura pas de futur pour se consoler.

Maman est morte, la messe est dite.

Est-il possible de se consoler en se disant que l’on a eu de belles vies avec elle, plein de bonheur passé, d’amour et de tendresse ?
Et si elle, ne peut plus être nostalgique, nous, nous ne les oublions jamais ?

Maman était une mère géniale, de cette génération de mère qui devait tout gérer, la maison, la famille, les enfants et le travail. (Et je peux vous l’assurer, débordait que trop souvent à la maison)
Une vie qui trace beaucoup trop vite par rapport à ce qu’on aimerait pouvoir faire, toujours en mouvement, plein de bon moment partagé, de joie, de courage et d’amour.
Cela nous rappelle que : « la mort est toujours jeune ».

Il serait mentir que d’omettre que cette vie était aussi : pleine d’anxiété, de doute et de fatigue. Il est arrivé que l’on se s’engueule, que l’on s’éloigne, il est arrivé que l’on est manqué de s’écouter, de se tolérer et parfois de s’entendre.
Honnêtement, c’est principalement de mon fait. (Ceci étant dit, je ne regrette pas le petit con que j’ai pu être et que je suis encore, il fait partie de moi)
Je suis content. J’ai eu une mère compréhensive, j’ai eu un père présent quand il le fallait.
Heureusement, on a eu le temps de s’expliquer, de se comprendre, de s’excuser, de se pardonner, et de se rapprocher.

Maintenant, prenons un temps pour se questionner sur la mort.

Epicure, en bon matérialiste, disait « La mort n’est rien pour nous ».
Il ne faut pas le prendre au sens large, mais dans un sens, ou, pour le mort, la mort n’est pas un évènement.
La mort n’est un évènement que pour les vivants.
C’est dure à entendre mais si nous sommes ici, selon moi, ce n’est pas tant pour la personne qui est parti que pour notre propre ego qui doit faire son deuil de la perte.
Si ma mère a préparé ce moment, dans mon interprétation très personnel, c’est aussi pour que l’on puisse prendre le temps de se centrer sur nous, sur notre souffrance, notre peine, notre tristesse afin d’accepter l’inacceptable, c’est-à-dire, la réalité.
Vous pourriez me rétorquer que c’est plus probablement pour que ce moment soit le sien, et il est vrai que je ne crois pas qu’elle était fan d’Epicure, mais comme elle n’est plus là pour me contredire, et que les absents ont toujours tort, on s’accordera sur le fait qu’elle est d’accord avec moi sur ce point.

Ce deuil sera d’autant plus dur que l’attachement est important, que cette personne fait partie des fondations de notre monde, c’est mon cas.
Ma mère fait partie des fondations de qui je suis, en cela, elle fera toujours parti de moi.
Je suis triste. Triste de savoir que j’ai perdu la possibilité de communiquer avec une personne qui avait tant de qualités, qui a fait de moi quelqu’un de meilleur, vers qui je pouvais me tourner quand j’avais des doutes ou des soucis, et ça, c’est fini, pour toujours.

Vous comprendrez que j’ai une pensée toute particulière pour mon père avec qui nous continuerons à construire plein de futur bonheur-passé, et j’aimerais profiter de ce moment pour dire à toutes les personnes qui comme ma mère : ont fait partie, font partie, ou feront partie de mon monde que :

Je vous aime !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *