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Pensée Philosophie

Je suis altruiste parce que je suis égoïste


J’aimerais commencé mon propos par une question :
L’égoïsme est-il un altruisme ?

La question semble idiote, mais… Jouons avec les définitions.

Si « Je » n’existe pas vraiment, qu’au final, « je » futur est un autre.

N’est-il pas pertinent de penser que les efforts que je fais pour « moi-même », c’est à des « futurs moi » est un acte altruiste ?
En sommes, ce que l’on nomme souvent égoïsme, n’est-il pas parfois un altruisme appliqué à soi-même ?

Prenons un exemple concret :

Je suis fumeur, arrêté maintenant me couterait beaucoup, c’est un effort difficile à quantifier.
Pour qui, pourquoi je ferais ça ? Mes futures économies ? Ma future santé ? Si le futur « moi » n’est qu’une construction de mon esprit à un temps t, pourquoi s’en soucié (si ce n’est parce que mon cerveau le fait automatiquement) ?
Par ailleurs, les tenants du « Carpe diem » s’arrêtent effectivement à cette évidence.
Profitons du moment présent ! A tout prix ?

Il y a bien l’argument du : parce que, quand même (appel à l’évidence), ne pas s’en soucié, serait un acte destructeur pour l’autre (système de valeur).
Et l’autre ici en plus, c’est moi (dans le futur). Non, non, non !
On prends le problème à l’envers là. (on appel un système de valeur avec une évidence, on ferait le mal ?)

Revenons de notre point de vue égoïste : Aurais-je aimé (ou j’aime bien) que l’autre (mon ancien moi) se soucie de moi, que je me dois me soucier de mon futur moi en retour ?

A ce questionnement résulte 2 réponses logiques :

1. Pourquoi si j’ai reçu de moi-même, devrais-je continuer à donner ? Tel l’héritier qui va flamber tout son héritage. Carpe diem.

2. Si j’estime n’avoir pas reçu (ou pas assez) pourquoi je ferais le moindre effort. On a rien fait pour moi. Pourquoi je donnerais à mon futur moi.

Le problème est un paradoxe enfaite. Car si ces 2 réponses semblent répondre correctement à la question.
Effectivement, il semble n’y avoir aucun intérêt à continuer à faire des efforts.

Mais si on prend un point de vue global, la mise en place de stratégie (>bonheur de chacun des êtres par exemple, ou >Temps de vie en bonne santé) sommes à ces individualités de faire l’inverse et donc de devenir altruiste.
C’est un jeu, ou chaque joueur semble avoir intérêt (égoïstement) à jouer solo, mais si tous les joueurs jouaient solo, tous y perdrait (ce qui d’un point de vue égoïste est perdant).
Ainsi, il semble pertinent même égoïstement, de collaborer avec les autres joueurs d’une stratégie globale a adopté.
Maintenant, je ne pense pas qu’il faille mettre dans la balance même balance, passé/présent, et futur.
Car le futur est toujours une potentialité, donc une probabilité d’être ou non un être à part entière à un moment t (et surtout un éventail infini de possibilité relativement insondable)
Ainsi, à moins d’être au porte de la mort, il est difficile de savoir si la stratégie globale n’est pas la meilleur juste parce que je n’ai pas prévu l’accident de moto de cette après midi (Il fallait prendre le risque en compte !).
Il faut aussi noter, que ce que je nommerai la vertu, même si elle semble difficile à apprendre, une fois acquise, peut devenir tout à fait banal (le coup individuel de faire ces vertus, devient alors faible).

Donc le « coup » de ces vertus (dans le but de la stratégie globale), n’est, in fine, pas si grand (juste difficile à mettre en place).

Encore faut-il savoir quels sont les vertus véritables (qui apportent à la stratégie, qu’il faudrait définir (le bien) bonheur général ? Le longévité en bonne santé ? > des libertés (lesquelles ?)?) des fausses vertus, tel l’alcool qui te trahi bien vite et parfois pour le restant de tes jours…
Bref, il me semble donc qu’adopter une stratégie globale pour soi-même a un véritable intérêt (d’autant plus qu’il est plus facile de s’accorder avec tous ces « soi » d’une stratégie commune qu’avec n’importe qui…)

Mais, si nous nous accordons à avoir une stratégie avec nous-même.
Poussons le raisonnement du coup plus loin.
Faudrait-il se soucier des autres comme de ces futurs soi ?
Si on accepte le raisonnement ci-dessus, faut-il accepter l’extension de celui-ci aux autres (pure altruisme) ?
Et par ailleurs, nous le faisons assez « naturellement » quand on se soucie du présent et du futur de nos enfants par ex.

Alors certains feront le raisonnement inverse, disant que leurs enfants sont leur chaire (donc que l’égoïsme (qui est l’altruisme appliqué à son futur) s’applique donc à ces enfants comme extension de soi)
Je ne discuterais pas de l’absurdité de ce raisonnement. (Qui amène par ailleurs des personnes qui se suicident à tuer leurs proches)
Je constaterais juste que ce raisonnement semble avoir un fondement lié à la biologie, à l’évolution, et donc à la protection de « nos » gènes plus qu’à une raison motivé par la raison.
Et que ça semble tout naturel (sans jugement de valeur) mais ce ne me semble pas tenable de manière raisonnée à mon humble avis.

Je crois qu’il faut s’en soucié, non pas parce que ces « moi », mais parce que c’est « nous » (et ce, depuis le « je » présent).
Nous en tant que communauté partageant une stratégie commune (humaniste), étant le passé, le présent et le futur de nos « je » respectifs.

Parce que l’altruisme (tel que défini comme étant l’adoption de comportement non immédiatement profitable (pure égoïsme) dans le but d’une stratégie plus globale (bénéfique collectivement)) est la stratégie la plus efficace (par définition).

Il est évidemment plus facile de s’accorder d’une stratégie avec soi-même, déjà avec sa famille, ou arrive rapidement des conflits, au niveau d’un nation cela devient rapidement compliqué.

Pour l’exemple : L’adolescent (que je vais nommer Kevin) en opposition à la stratégie (pour lui-même) de ces parents. (Il est vraie que souvent, en plus, la stratégie des parents est merdique et que Kevin entre aperçois les failles béantes et les incohérences de la stratégie de ces parents, et donc remet en cause ce système, parfois Kevin se trompe juste)
Kevin peut aussi penser probablement que ces parents n’investissent pas assez sur lui, en surinvestissant ces frères et sœurs par exemple (D’un point de vue égoïste).
Ou investissent trop sur son avenir lointain (Sur les Kevin du futur).
Et peut adopter un égoïsme pure (et touchant), le carpe diem par excellence qui reproche tout ce qui ne lui ait pas directement et instantanément profitable.
C’est pour ça que Kevin a parfois tendance à prendre pas mal de risque.
Surtout quand, même la mort n’est pas tant un risque que ça. Il se moque parfois bien de ces soi futur.

Et je ne critique pas Kevin qui de sa condition humaine, n’a pas la puissance d’agir différemment, il apprend l’égoïsme pour s’opposer à la stratégie merdique de ces parents, ce n’est pas idiot, mais j’espère pour lui qu’il se rendra compte (souvent trop tard), que finalement, l’égoïsme pure n’est pas si profitable et n’est pas forcément une stratégie gagnante (même pour lui-même), à assez court terme par ailleurs. #JeSuisKevin
Kevin comprend souvent, quand son développement est terminé (autour de la 30ène) qu’il a vraiment été très con.
Et malheureusement, commencera dès lors, déjà à être sur le déclin et à appliquer des stratégies qu’il a hérité de ces parents (ou d’autres gens) car il comprend alors qu’elles n’étaient pas si bête que ça.
La vie est bien faite, non ? Bah non, parce qu’il est vrai que bien souvent ces stratégies ne sont pas optimal, pour lui, ces enfants, sa famille, ces amis, ces groupes sociaux… etc.

Bref, en voyant les difficultés de Kevin a avoir une bonne stratégie avec lui-même… On peut comprendre comme il devient encore plus compliqué d’appliquer des stratégies globales à grande échelle avec tous les Kevin du monde.
Et c’est la que l’on voit apparaitre des systèmes de valeurs. (Qui sont des stratégies à l’échelle de groupe sociaux)
Et je trouve bien prétentieux celui qui s’érige en donneur de vérité sur ce que dois être la politique ou les bons systèmes de valeurs, même s’il faut bien des gens pour faire avancer les choses.

Vouloir appliquer une vision humaniste est ainsi d’une complexité assez hors de portée de l’être humain à mon humble avis.
Mais ce n’est pas pour cela qu’il faut renoncer à la recherché.
Comme Kevin recherche un équilibre pour lui-même malgré son manque de puissance d’agir (que je ne définirais pas ici, démerder vous à savoir ce que j’entends par ces mots inspiré de Spinoza), il faut que nos groupes sociaux et notre société recherche aussi un équilibre pour elle-même malgré son propre manque de puissance d’agir (qui à une autre définition que la première? A moins que l’humanité puisse être comparer de manière équivalente à un individu. Qui sait…)

Annexe :
Ci-joint le texte déclencheur de ma pensée.
Une fable que l’oncle d’un ami m’a contée hier, qui m’a inspiré :
Avec pour sujet la gratitude et l’altruisme.

Se promenant un jour dans son jardin, un roi aperçoit un jardinier âgé de plus de quatre-vingts ans occupé à planter des arbres. « Qu’est-ce que tu fais-là  » demande le roi?

« Je plante des dattiers », répond le vieux jardinier.

« Combien de temps mettront-ils pour donner des fruits? »

« Vingt ans », répond le vieillard.

« Mais tu ne vivras pas jusque-là pour en cueillir les fruits, pourquoi alors plantes-tu ces arbres? », « Mes prédécesseurs ont planté des dattiers dont j’ai mangé les fruits et moi je plante ces dattiers pour que ceux qui viennent après moi en profitent. »

(L’oncle de mon ami c’était arrêté là)

Cette réponse plut au roi et il lui donna une pièce d’or. Le jardinier s’agenouilla et remercia le roi.

« Pourquoi te mets-tu à genoux? ».

« Parce que grâce à Votre Majesté ces arbres ont déjà porté leurs fruits. »

Cette réponse a encore plu au roi et il lui donna une autre pièce d’or. De nouveau le jardinier se mit à genoux en disant cette fois: « Je m’agenouille pour exprimer ma gratitude à Votre Majesté, car d’habitude les arbres ne portent leurs fruits qu’une fois par an, grâce à Votre Majesté, ils ont porté leurs fruits deux fois. »

Touché par ces paroles, le roi lui donne une troisième pièce d’or et lui demande son âge.

« Douze ans, Votre Majesté. »

« Comment, douze ans? »

« Durant le règne de votre prédécesseur, on était constamment en guerre, et ce n’était pas une vie. Depuis douze ans que vous régnez tout le monde est heureux. C’est donc avec votre règne que la vie a commencé pour moi. »

Flatté par cette réponse, le roi lui remit une quatrième pièce d’or et dit: « Maintenant, je dois te laisser car si je continue à t’écouter il ne me restera plus rien. »

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